Histoire

La laque est introduite au Viêt-Nam par les artisans chinois. Mais la date d'introduction continue à alimenter les débats et reste toujours l'objet de discussions. Pour certains archéologues, l'utilisation de l'ornement laqué remonta à la première invasion chinoise (découverte des objets laqués dans des tombes des IIIè-IVè de notre ère). Pour d'autres, cette technique fut introduite au XVè par Trần Tường Công, ambassadeur à la cour de Chine.
Celui-ci fut chargé par le roi Lê Nhân Tôn (1443-1460) de trouver un métier susceptible de procurer de nouvelles ressources pour les paysans. Il fut initié dans les ateliers chinois de la province du Hunan aux mystères de la laque. La laque est en fait le suc laiteux obtenu par incision du laquier. Grâce à la solidification à l'air libre et à la résistance à l'acide et aux éraflures, la gomme résineuse constitue une protection idéale pour les bois et pour les bambous.
En 1930 au Vietnam fut inventé le terme de « Laque poncée ». Auparavant, on utilisait le terme de « peinture indigène » dans le langage courant. Celle-ci dérive de la sève d’une plante dite « Rhus Verniciferum », responsable d’allergies cutanées, cultivée au Vietnam mais aussi en Chine et au Japon
Au Japon, la sève était déjà utilisée à l’époque d’Asuka (538-645 avJC). A l’époque Nara, la cour a établi un service spécial chargé de veiller sur la corporation des laqueurs et pourvu de terres les paysans qui cultivaient des mûriers (pour le vers à soie) et des Rhus verniciféra.
Au Vietnam, le Rhus verniciféra planté sur les coteaux de la province de Phu Tho donne une sève de haute qualité recherchée en Chine et au Japon. La meilleure laque est celle qui est recueillie avant le lever du soleil.
On se sert de cette résine dans la fabrication des objets laqués. Ceux-ci offrent une grande diversité: paravents, coffres, plateaux, vases, échiquiers etc.

Le travail du laque nécessite beaucoup de préparations et de soins.

La réalisation du tableau

Le support est constitué par une plaque de bois de bonne qualité. On commence par une couche de poudre de terre, mélangée dans la résine de la laque brute, puis il faut laisser sécher. Ensuite, le peintre ajoute une couche de poudre de bois, également mélangée avec la résine, et colle une couche de coton très fine sur les deux faces du panneau. Après le séchage, il faut réaliser encore une dizaine de couches de laque brute, laisser sécher et poncer chaque couche, pour obtenir enfin un support lisse et plat.
L'artiste commence par les traits noirs. Ensuite, il ajoute les couleurs, l'une après l'autre, et l'une sur l'autre après chaque séchage, bien sûr. Il faut en général plusieurs couches de chaque couleur.
C'est le ponçage qui permettra finalement de mélanger les couleurs. En particulier, il fait apparaître les traits et les couleurs des premières couches. C'est vraiment à ce moment-là que jouent le savoir-faire et l'expérience de l'artiste.
Pour finir, on procède à une opération beaucoup plus minutieuse et plus délicate pour donner plus d’éclat au tableau : avec la paume de la main, exempte de toute égratignure et de toute rugosité, on frotte sur toute la surface du tableau poudré d’une couche de carbone.
L’éclat du tableau est ainsi rendu au maximum, on l’essuie avec un tissu souple et sec pour enlever le carbone. Et pour finir le tout, on applique une dernière couche de vernis.

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